A paraître

Six nuits sur l’Acropole
Domaine : Grec

Six nuits sur l’Acropole

Georges Séféris

Parution mars 2026

Traduction du grec moderne et préface par Gilles Ortlieb.
La traduction a reçu le prix Nelly Sachs en 1994.

300 pages I 10,7 x 17 cm
ISBN 978-2-35873-215-4

L’écrivain grec Georges Séféris est né à Smyrne en 1900, dont il sera chassé, comme toute la population grecque qui vivait encore en Asie mineure, par les Turcs en 1922. Après des études de droit à Paris, où il s’imprègne de culture française (Valéry, Gide), il fera carrière dans les services diplomatiques jusqu’à sa nomination au poste d’Ambasssadeur de Grèce à Londres en 1957. Toute son œuvre poétique – nourrie aussi bien aux sources antiques qu’à la poésie moderniste d’un T. S. Eliot (qu’il traduira en grec) – méditera sur cette perte aussi bien que sur celle du prestigieux passé d’un pays aux statues brisées, dont les habitants semblent condamnés, sans cesse, à un douloureux exil.
La récente parution de la monumentale édition de son journal intégral (Journées 1925-1971), aura permis aux lecteurs de langue française de se faire enfin une idée de l’ampleur du personnage qu’il s’agisse du poète, qui fut le premier auteur grec à recevoir le prix Nobel de littérature en 1963, ou du témoin privilégié qu’il fut, aux différents postes qu’il occupa, de tous les événements qui ont marqué l’histoire de la Grèce du siècle dernier.


Roman
Il nous semble donc opportun d’élargir encore son audience en faisant passer en collection de poche, son unique roman, Six Nuits sur l’Acropole, un livre de jeunesse, esquissé dans les années 1920, mais réécrit dans la fièvre vingt-cinq ans plus tard par Séféris alors qu’il était en poste au Liban dans les années 1950 et qu’il ne se sera jamais résolu à publier de son vivant, peut-être parce qu’il craignait d’y avoir révélé trop de lui-même. Sept jeunes gens, parmi lesquels Stratis, l’alter ego de l’auteur, s’y cherchent, perpétuellement tiraillés entre la grandeur passée de la Grèce et leur refus de la réalité présente d’Athènes, entre leurs rêves d’absolu et l’omniprésente sensualité à laquelle les invitent, en ce début de 1928, la grande ville et leur « croyance à la toute-puissance du corps » (comme il est dit dans un poème de 1941). Ils forment le projet de se réunir chaque nuit de pleine lune sur l’Acropole, avec l’espoir – illusoire dans l’Athènes « rétrécie » des années vingt – d’y puiser « la force de leurs ancêtres immortels ». Le projet échouera, bien sûr, mais nul besoin de connaître déjà l’œuvre poétique de Séféris, pour être séduit par ce portrait hachuré d’une poignée de jeunes gens en quête de cohésion et s’ébrouant dans une bohême qui nous semble encore assez neuve. Comme l’écrit le traducteur : « On peut lire ces Six Nuits sur l’Acropole comme un divertissement romanesque et moins juvénile qu’il n’y paraît, y chercher le portrait d’une ville et d’une génération où affleureraient aussi les réalités de l’époque, ou encore prêter à ce livre, sous le patronage de Dante qui introduit ce récit d’une jeunesse revisitée et l’éclaire de nouveau à la toute fin, des significations insoupçonnées. On y retrouvera dans tous les cas cette manière propre à l’auteur de s’attacher à tous les aspects du réel, jusqu’aux plus prosaïques, pour tâcher d’en entendre et d’en dégager le sens. »

Fuochi sparsi
Domaine : Français

Fuochi sparsi

Florian Rodari

Parution avril 2026

320 pages env., une vingtaine d’illustrations
13,5 x 20,5 cm
ISBN 978-2-35873-214-7

32 €

À propos de l’auteur
Du même auteur :

Écrits
Historien de l’art et commissaire d’exposition, Florian Rodari, qui débuta très tôt sa carrière au Cabinet des estampes de Genève, avait réuni aux éditions Gallimard, il y a bientôt dix ans, une partie de ses essais sur l’art, mais en limitant son choix à ceux qui traitent du domaine de sa compétence première, c’est à dire au dessin, à la gravure et à la photographie, et donc au domaine du noir et blanc. Albane Prouvost, qui signe l’avant-propos de ce nouveau livre, l’a incité à réunir une grande part de ses autres écrits, d’origine et de dates très diverses. Ainsi, de Balthus à André Volkonski, l’univers déchiffré s’élargit-il aux violences somptueuses des couleurs de Bram van Velde, à « l’irruption de l’inconnu » dans la voix d’Angelika Kirchschlager, à « l’onde de choc » que provoque chez lui la poésie de Jacques Dupin. Et donc à la peinture, à la musique, à la littérature et, au-delà-même des œuvres, aux êtres et aux lieux qui ont été des rencontres capitales ; à tous ces foyers lumineux qui, au cours d’une vie, sont venus nous faire signe, « nous avertir de la présence encore voilée d’une vérité essentielle que pour rien au monde il ne faudrait laisser échapper. »
Comme le note la préfacière, « les textes réunis dans ce livre n’obéissent pas à un projet mais à une logique intérieure très ferme, à un feu intérieur qui dessine en creux une vision exigeante de l’art, de la poésie autant qu’un portrait de l’auteur en jeune homme ardent. » Et n’est-ce pas, en effet, comme elle le laisse entendre, marcher sur la tête que de vouloir encore, l’âge venu, rester dans cet état d’émerveillement que l’on a éprouvé, enfant, en voyant pour la première fois s’ouvrir le rideau rouge du théâtre guignol, et de s’obstiner, avec le même enthousiasme juvénile, avec la même attention exigeante, à en déchiffrer fidèlement, avec les mots les plus justes, le mystère ?

 

Cahiers de Voronej
Domaine : Russe

Cahiers de Voronej

Ossip Mandelstam

Parution avril 2026

Édition bilingue. 
Traduction et appareil critique de Jean-Claude Schneider et Anastasia de La Fortelle.
Suivis de « L’exil à Voronej » par Natalia Chtempel

240 pages I 10,8 x 17,8 cm
Collection « Poésie en poche », n° 5
ISBN 978-2-35873-202-4
13 €

LE DERNIER RECUEIL DE POÈMES DE MANDELSTAM
En juin 1934, après avoir été envoyé en relégation à Tcherdyn et interdit de séjour dans les douze villes les plus importantes de Russie, Mandelstam, en compagnie de son épouse Nadejda, finit par choisir de résider à Voronej, petite cité universitaire de province à 500 km au sud de Moscou. Ils sont tous deux en mauvaise santé et lui n’a pratiquement plus aucun moyen de subsistance. Il parviendra néanmoins à effectuer quelques travaux pour le théâtre de la ville et la radio locale. Contraints à de fréquents déménagements, ils vivent presque totalement isolés, ne voyant guère qu’une jeune femme dont ils ont fait la connaissance, Natalia Chtempel, qui a le courage de les fréquenter — et dont nous publions en annexe les précieux souvenirs qu’elle a gardés de cette époque de la vie du poète. Et cependant, c’est dans ce pays de terre noire, où il y a tout de même une petite vie culturelle (des concerts, un cinéma), et où il lui reste bien sûr quelques livres 
(Villon, Dante, Goethe, les poètes espagnols poursuivis par l’inquisition et dont il apprend la langue) que va naître une explosion de poèmes magnifiques, qui seront notés dans trois petits cahiers d’écolier, d’où leur titre. Ces poèmes reprennent une formule de composition utilisée dans les recueils précédents, ils s’ordonnent en suites, en cycles, autour d’un même thème ressassé. Ils récitent un journal poétique de l’exil intérieur, saturé d’allusions, de citations tacites, de réminiscences, ils sont le témoignage d’un poète enterré vivant dont les lèvres murmurent encore, et donnent à entendre une musique du quotidien où l’usure de la vie est comme audible, où le moi s’efforce de remonter respirer à la surface. Le poème révèle même ses propres tâtonnements : la recherche d’un parler plus simple, capable de toucher les masses, de les réveiller, la tentation de délaisser la parole obscure pour un discours plus aisément compréhensible, afin de renouer ainsi avec la vieille tradition de la poésie russe. Flotte maintenant dans l’air que respire le poète, à côté de l’amertume liée au sort que le temps lui impose, le désir de se réfugier aux rivages du Sud, dans les contrées d’autres Colchide ou Tauride visitées par le rêve. Ainsi mentionne-t-il, en écho au Wilhelm Meister de Goethe, la figure de Mignon habitée par la nostalgie du « pays où fleurit le citronnier ». Et, pour marquer encore la coloration sereine de trop fugitifs moments, le tout dernier cycle, hanté par la présence bénéfique de quelque femme aimée, articule le mot final « promesse ». Mandelstam et Nadejda quittent la ville le lendemain de la fin de leur relégation, le 16 mai 1937, mais le « miracle » de Voronej aura eu lieu : la centaine de poèmes ici réunis.

Restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter. Vous recevrez par la suite nos nouveautés et informations.